Le zooplancton sous la menace du climat (in French)

À quel point l’acidification des océans menace-t-elle les organismes qui y vivent ? En Arctique, la fragilité d’un petit escargot planctonique, situé à la base de la chaîne alimentaire, préoccupe les biologistes.

Personne, il y a encore quatre ans, ne s’intéressait à ces minuscules escargots qui nagent dans l’océan Arctique : les ptéropodes Limacina helicina. Ils semblaient en effet si nombreux, atteignant par endroits plusieurs milliers d’individus par mètre carré, que leur sort ne suscitait aucune inquiétude. Une bonne nouvelle, car ces animaux représentent jusqu’à 90 % de la biomasse de zooplancton en Arctique. Mais c’était sans compter avec l’acidification des océans, qui résulte de la dissolution dans l’eau de mer d’une partie du dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique : la coquille des ptéropodes est tout particulièrement sensible à ce phénomène. En avril 2012, cela vaudra à ces animaux une place de choix lors de la présentation finale des résultats du Programme de recherche européen sur l’acidification des océans (baptisé Epoca, selon son acronyme anglais), dédié à l’étude des conséquences de cette acidification (lire « L’acidification des océans sous surveillance », p. 81). Car selon son coordinateur, Jean-Pierre Gattuso, du laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer : « Cette espèce est celle sur laquelle nous avons observé le plus d’effets négatifs dus à l’acidification. Ce qui permet de la considérer comme une espèce sentinelle de ce phénomène. » Explications en avant-première. Eaux de surface acides Chaque jour, les océans absorbent environ 22 millions de tonnes de CO2 émis par les activités humaines. Cela permet d’atténuer l’augmentation de l’effet de serre, mais avec un dommage collatéral : l’acidification des eaux de surface. Ainsi, le CO2 se dissout dans l’eau en formant des ions bicarbonates accompagnés d’ions hydrogène acidifiants. Résultat : depuis le début de la révolution industrielle, il y a deux cent cinquante ans, les eaux de surface s’acidifient. L’évolution de leur pH, l’unité de mesure de l’acidité, inversement corrélée à la concentration en ions hydrogène, le prouve. Entre la période préindustrielle et aujourd’hui, il est passé…

Lise Barnéoud, La Recherche, 18 April 2012. Article.


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