L’acidification des océans menace les poissons (in French)

Le changement climatique réduit les chances de survie de certaines espèces commerciales comme le cabillaud

Souvent résumé à la quantité de dioxyde de carbone (CO2) présente dans l’atmosphère, le changement climatique aura aussi un impact majeur sur le maintien de certaines formes de vie présentes dans les océans. Car une partie du CO2 en surplus dans l’air se dissout dans les mers et contribue à les acidifier. L’impact négatif sur les organismes calcaires – coquillages, crustacés, planctons à exosquelette de calcite ou d’aragonite – est connu. Mais deux nouvelles études, à paraître dans la prochaine édition de Nature Climate Change, documentent pour la première fois des effets importants sur certains poissons. La première étude, menée par la biologiste Andrea Frommel (Institut Leibniz des sciences marines de Kiel, Allemagne), a observé sur une espèce de grande importance commerciale – le cabillaud (Gadus morhua) – une détérioration de certains organes lorsque les larves se développaient dans une eau plus acide que le niveau actuel. A mesure que les taux de CO2 dans l’air ambiant grimpent et que l’eau s’acidifie, les chercheurs notent l’apparition d’anomalies sur le pancréas, le foie, les reins des poissons. Ces anomalies peuvent réduire les chances de survie des individus ou être directement létales. Les niveaux d’acidité simulés par les chercheurs sont élevés – 1 800 parties par million (ppm) et 4 200 ppm de CO2 atmosphérique, contre 390 ppm aujourd’hui. Soit des niveaux d’acidité qui, en moyenne, ne seront globalement la norme qu’au XXIIe siècle et au-delà. Si, toutefois, les émissions de CO2 se poursuivent au rythme actuel.

De telles conditions peuvent toutefois être atteintes localement avant le XXIIe siècle, le long de certaines côtes. «L’acidification océanique peut potentiellement agir comme une source supplémentaire de mortalité, affectant des populations de stocks déjà exploités », concluent les chercheurs. La seconde expérience, conduite par le biologiste Christopher Gobler (université Stony Brooks à New York, Etats-Unis), a pour sa part testé des niveaux d’acidité beaucoup plus proches des niveaux actuels : 600 ppm et 1000 ppm, respectivement prévus pour être atteints au milieu et à la fin du XXIe siècle, si rien n’est fait pour contraindre les émissions de CO2.

Stéphane Foucart, Le Monde, 21 December 2011. Full article (subscription required).

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