Résultat du projet ”Effets de l’acidification des océans sur la biodiversité de la méditerranée” (in French; video)

Danger pour la vie marine en Méditerranée :

L’augmentation de la température des Océans altère la résistance des coraux et des mollusques à l’acidification

L’acidification des Océans (diminution du pH de l’eau de mer), due à une augmentation des émissions de CO2 dans l’atmosphère, est considérée comme l’une des plus dangereuses menaces pour la vie marine. D’après les études menées jusqu’à présent, la diminution du pH prévue pour la fin de ce siècle entraînerait une diminution dramatique des taux de calcification des organismes calcificateurs (organismes qui secrètent un squelette ou une coquille calcaires comme les coraux et les mollusques) et leur dissolution.

Un projet co-fondé par la fondation Prince Albert II (http://www.fpa2.com/projet-bassin-mediterraneen-numero-63.html), l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA), le projet européen MedSea et Epoca et l’Université de Plymouth (UK) a révélé que ces espèces calcificatrices présentaient des mécanismes de protection leurs permettant de résister à ces conditions acides.

Cette étude récente menée par Riccardo Rodolfo-Metalpa montre clairement que les tissus et les couches organiques recouvrant respectivement les squelettes et coquilles de ces organismes jouent un rôle majeur dans la protection de leurs structures de carbonate de calcium (Nature Climate Change, DOI: 10.1038/nclimate1200). Pour cette étude, des coraux, patelles et moules ont été transplantés sur le site volcanique d’Ischia (Golfe de Naples, Italie) bénéficiant d’émissions naturelles de CO2 et présentant des conditions de pH proches de celles prévues pour la fin de ce siècle. A l’Agence Internationale à l’Energie Atomique, basée à Monaco, les taux de calcification et de dissolution de ces organismes acclimatés aux différentes conditions de pH ont été mesurés grâce aux techniques des radiotraceurs. De façon étonnante, l’équipe a mis en évidence que même soumis à des niveaux de pCO2 plus élevés (et donc des conditions de pH plus faibles) ces organismes continuent à calcifier et parfois même de façon plus importante. Par contre leurs zones non protégées se dissolvent elles plus rapidement à faible pH.

Cette capacité de protection se trouve pourtant annulée à la fin de l’été lorsque les organismes transplantés se retrouvent soumis à une longue période de température inhabituellement élevées (28.5°C). Une forte mortalité des organismes a ainsi été observée sur le site et l’effet s’est révélé encore amplifier aux plus faibles pHs.

Ainsi même si cette étude met en évidence une capacité de résistance des organismes à l’acidification, la combinaison du réchauffement de la Méditerranée et de l’acidification de ses eaux va augmenter les épisodes de mortalité enregistrés jusqu’à présent avec une fréquence croissance.

Riccardo Rodolfo-Metalpa, Fondation Prince Albert II de Monaco, 31 August 2011. Article & video.


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