Acidification : le SOS des scientifiques

150 scientifiques issus de 26 pays ont signé “la déclaration de Monaco” pour mettre en lumière le problème d’acidification des océans. Parmi eux, Jean-Pierre Gattuso, chercheur au CNRS et directeur d’EPOCA (projet européen sur l’acidification des océans), répond à Planète terra.

Qu’est ce que le phénomène d’acidification des océans ?

C’est un phénomène lié à la hausse des rejets d’émissions de CO2 dus aux activités humaines. Les océans depuis la révolution industrielle ont absorbé 1/3 des émissions de CO2 de la planète. Ce rôle régulateur des océans a permis de freiner le réchauffement climatique, c’est une chance, mais qui a un revers. Grâce à la recherche on sait que cela a aussi provoqué une transformation de leur composition chimique. Quand le CO2 se dissout dans l’eau il rend celle-ci plus acide. Il ne faut pas croire pour autant qu’il modifie son pH, l’eau de mer reste basique.




Quelles sont les conséquences environnementales ?

Elles sont difficiles à évaluer. L’étude du phénomène date d’une dizaine d’années. On manque de données. Mais on peut d’ores et déjà affirmer que l’acidification a un impact sur les organismes marins, notamment sur ceux qui possèdent un squelette calcaire. Les mollusques comme les huitres, les moules, mais surtout les coraux sont les principaux touchés. L’acidification de l’eau de mer ralentit leur développement. Ils n’arrivent pas à construire leurs squelettes. On craint aussi un impact sur la chaine alimentaire. Les zooplanctons sont affectés par ce changement de pH. Or, ils sont, par endroits, la principale source d’alimentation de certains poissons comme le saumon.

Quel est le but de la déclaration de Monaco, quelles sont vos attentes ?

L’objectif est de donner une visibilité à ce phénomène sur le plan international. On veut que cette question soit à l’ordre du jour dans les discussions sur le climat comme à Copenhague. Ce problème n’a jamais été abordé dans ces grands rassemblements. Il doit être pris en compte dans les ambitions de réduction de CO2. Pour cela, il faut améliorer nos connaissances en créant une coordination internationale de recherche comme c’est le cas depuis cette année au niveau européen avec EPOCA (projet européen sur l’acidification des océans). Les résultats de ces recherches doivent être transmis aux décideurs politiques pour qu’ils les intègrent aux ambitions de réduction d’émissions de CO2.

LES SOURCES DE CET ARTICLE :

– Le site d’EPOCA http://news-oceanacidification-icc.org/

– La déclaration de Monaco (en anglais) http://www.ocean-acidification.net/

Lucile Brizais, planète terra, 2 February 2009. Article.

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