L’acidification des océans dissout la coquille des escargots de mer (in French)

Dans les eaux de l’Antarctique, l’acidification croissante des océans altère la coquille des ptéropodes, ces escargots de mer qui se déplacent en nageant dans les profondeurs océaniques. Une découverte publiée le 25 novembre 2012 dans la revue Nature Geoscience.

S’il était déjà avéré que l’acidification croissante des océans altère la capacité de certains organismes marins, tels les palourdes les escargots de mer ou encore les oursins, à fabriquer  leur coquille et autres enveloppes calcaires nécessaires à leur survie (cf l’étude “Marine invertebrate skeleton size varies with latitude, temperature and carbonate saturation: implications for global change and ocean acidification” publiée le 16 juillet 2012 dans la revue Global Change Biology ), des chercheurs britanniques viennent désormais de montrer que ces eaux de plus en plus acides peuvent également avoir un effet corrosif sur les coquilles de certains escargots de mer, appelés ptéropodes.
L’étude, intitulée “Extensive dissolution of live pteropods in the Southern Ocean”, a été publiée le 25 novembre 2012 dans la revue Nature Geoscience.

Si cet effet corrosif n’a pas forcément une incidence directe sur la mortalité des ptéropodes, il est toutefois susceptible d’être à l’origine d’une plus grande exposition à la prédation ainsi qu’aux infections. Or les ptéropodes des eaux de l’Antarctique, très prisés des poissons et des oiseaux, constituent un maillon essentiel de la chaîne alimentaire de cet écosystème.

Ce résultat, obtenu par des chercheurs de la British Antarctic Survey en collaboration avec plusieurs centres de recherche internationaux, est issu de prélèvements réalisés en 2008 dans les eaux de l’océan Austral. Des prélèvements effectués dans une zone dite de “remontée d’eau”, c’est-à-dire un lieu où les forts vents marins éloignent les eaux de surface, permettant aux eaux froides et profondes de remontent à la surface.

Or, ces eaux profondes présentent la spécificité d’avoir un effet corrosif naturel sur le carbonate de calcium qui constitue les coquilles des ptéropodes : cet effet corrosif naturel se manifeste généralement sur les coquilles des ptéropodes à partir de 1000 m de profondeur.

Un marqueur pour suivre l’évolution de l’acidification des océans

Problème : en examinant via microscopie électronique la coquille des ptéropodes recueillis, puis en comparant ces observations avec l’analyse de coquilles de ptéropodesprélevés dans d’autres zones du monde, les chercheurs de la British Antarctic Survey ont constaté que les coquilles des ptéropodes prélevés dans les eaux de l’Antarctique montraient des signes importants de corrosion dès 200 m de profondeur, au lieu des 1000 m de profondeur attendus. Pour les chercheurs, ce phénomène serait causé par l’acidification des océans induite par les dégagements de CO2 dans l’atmosphère, qui viendrait s’ajouter à l’effet corrosif naturel des eaux dans lesquelles évoluent les ptéropodes.
Pour les chercheurs, l’analyse régulière des niveaux de corrosion présents dans la coquille de ces gastéropodes pourrait constituer un marqueur permettant de suivre efficacement l’évolution de l’acidification des océans.

Patricia Courand, Le journal de la Science, 28 November 2012. Article.

0 Responses to “L’acidification des océans dissout la coquille des escargots de mer (in French)”



  1. Leave a Comment

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.




Subscribe to the RSS feed

Powered by FeedBurner

Follow AnneMarin on Twitter

Blog Stats

  • 1,427,713 hits

OA-ICC HIGHLIGHTS

Ocean acidification in the IPCC AR5 WG II

OUP book

Archives